Les chercheurs français en colère !

Retranscription du communiqué de presse du collectif ’Sauvons la recherche’ du 9 mars 2004 :

La journée du 9 mars 2004 a tenu ses promesses. Cette journée restera en France comme la plus importante mobilisation pour la recherche. Un nombre impressionnant de directeurs d’unités et de responsables d’équipes ont mené une discussion approfondie à l’Hôtel de Ville de Paris, au terme de laquelle la démission des fonctions administratives a été massivement adoptée. Nous avons recueilli 976 démissions de directeurs d’unités, et 1 110 démissions de chefs d’équipes. Ces chiffres ne tiennent pas compte de toutes les démissions qui nous sont envoyées par d’autres moyens, et que l’on peut d’ores et déjà chiffrer à plusieurs centaines.
La mobilisation est exceptionnelle, en raison de la situation dramatique de la recherche dans notre pays. Plus de 15.000 personnes, enseignants-chercheurs, chercheurs, doctorants, ITA, étudiants, citoyens ont soutenu les directeurs d’unité démissionnaires sur la place de l’Hôtel de ville, puis se sont rendus en cortège vers le ministère de la Recherche, où les lettres de démission ont été déposées aux pieds des grilles. Et maintenant ?
Nous avons toujours dit que le 9 mars n’était qu’un début. Nous devons inciter tous ceux qui n’ont pas encore démissionné à nous rejoindre, et continuer à mobiliser les personnels de la recherche, et les citoyens. Il faut aussi amplifier la mobilisation dans les universités, vers les étudiants dont l’avenir est directement en jeu. Un sondage publié ce matin dans La Croix montre que 82 % des Français soutiennent notre mouvement.

Nous devons engager sans tarder la mobilisation des comités locaux pour l’organisation des Etats Généraux de la Recherche. Par ailleurs, d’ autres dates sont déjà retenues. Le 19 mars sera une nouvelle journée « Science en Lutte », où nous appelons l’ensemble des citoyens à venir exprimer leur soutien en manifestant avec nous partout en France. Sans attendre, nous vous invitons à joindre votre voix au mouvement de lutte en cours dans des domaines proches nôtre. Nous vous enjoignons également à envoyer sans plus attendre des lettres de protestation à vos élus en utilisant le formulaire déjà accessible sur notre site :

http://recherche-en-danger.apinc.org/article.php3 ?id_article=314

Quelques précisions sur les modalités de démission : si vous êtes directeur d’unité ou chef d’équipe, souhaitez démissionner et ne nous avez pas encore fait connaître votre décision, merci d’envoyer :

  1. un courrier électronique à l’adresse : demission@apinc.org, dont le sujet est "demission", avec le texte ci-dessous
  2. La lettre de démission elle-même à l’organisme de tutelle (en recommandé avec accusé de réception) et une copie par fax au 05 61 25 32 05

Message électronique et lettre de démission (à adapter, amender en fonction de vos souhaits) :

" Je soussigné PRENOM NOM, directeur/chef d’équipe dans l’unité INTITULE déclare mon engagement à envoyer la lettre suivante ce jour :

Monsieur le Directeur Général/Madame la Présidente d’Université,

Depuis de longues semaines, la communauté scientifique a tenté d’attirer l’attention des autorités politiques sur le sort indigne qui était fait à la recherche publique dans notre pays. En tant que chef d’équipe, je me sens particulièrement comptable des perspectives de carrière des plus jeunes de mes collègues, actuellement en thèse ou en séjour post-doctoral. La suppression récente de 550 postes dans la recherche, sonne comme une trahison vis à vis de ces jeunes d’un très haut niveau de formation, qui après plus de 10 ans d’études, s’apprêtaient à concourir pour obtenir un poste de chercheur dans le secteur public. Je ne peux accepter l’indifférence de notre gouvernement vis à vis de ces jeunes qui n’a d’égal que son imprévoyance quant à la nécessaire programmation pluriannuelle de l’emploi scientifique dont notre pays a besoin. Assurer la responsabilité d’une équipe de recherche dans de telles conditions, c’est cautionner un abandon de la recherche publique qui ne me paraît plus acceptable. En conséquence, je vous demande, Monsieur le Directeur Général/Madame la Présidente d’Université, de me décharger de la responsabilité de chef d’équipe que vous m’aviez confiée.

Fait à , le 9 Mars 2004"

 
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